La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

Voici de nouveau disponible, dans une édition complétée, le meilleur portrait intellectuel jamais consacré au pamphlétaire sulfureux des Décombres, à l’auteur encyclopédique de l’Histoire de la Musique...

Le coin des rééditions

Le coin des rééditions

Source : La Nouvelle Revue d’Histoire n°1, juillet-août 2002. Si vous souhaitez acheter ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique en cliquant ici.
Rebatet. Par Pol Vandromme, Pardès, 2002, 127 p., 12 €

Voici de nouveau disponible, dans une édition complétée, le meilleur portrait intellectuel jamais consacré au pamphlétaire sulfureux des Décombres, à l’auteur encyclopédique de l’Histoire de la Musique (Bouquins), au romancier virtuose des Deux étendards (Gallimard). Tout se trouve dans ce petit livre enlevé à la hussarde par un esprit libre et profond.

Le Tour de Jules Verne en 80 livres. Par Ghislain de Diesbach, Perrin, 319 p., 20,58 €

« Jules Verne, écrit Diesbach, n’a pas été un Balzac de la jeunesse mais il a créé, lui aussi, un univers particulier, mystérieux, captivant qui, pour ses lecteurs devenus grands, est une patrie intellectuelle aussi attachante que la Comédie humaine. » De cette patrie, les héros sont presque tous anglo-saxons : « On les haïssait mais on ne pouvait s’empêcher de les admirer. »

Imprégné en son jeune temps d’idées rousseauistes, Jules Verne évolue vite vers des idées moins politiquement correctes. L’homme blanc et l’Europe sont à leur apogée. Le grand Jules s’entend à camper ses conquistadores, ses savants et ses aventuriers.

La France sous les bombes américaines, 1942-1945. Par Jean-Claude Valla, Cahiers Libres d’Histoire n°7

On se souvient du bombardement atomique d’Hiroshima en août 1945, mais on ignore souvent que les bombes anglo-américaines sur la France ont fait presque autant de victimes (70 000). C’est à retrouver cette réalité oubliée que s’attache cet ouvrage précis et méthodique. On y trouve le relevé des destructions et victimes ville par ville. Le chapitre introductif sur les bombardements de terreur pendant la Seconde Guerre mondiale est un modèle de clarté.

Écosse : Les liaisons tumultueuses avec Londres. Par James Mac Cearney, Picollec, 224 p., 19 €

Après avoir signé en 1999, chez le même éditeur, une excellente étude sur La Révolte des Cipayes de 1857, l’auteur analyse ici les relations ambigües depuis quatre siècles entre l’Écosse et l’Angleterre. Soumises à un même roi à partir de Jacques Ier Stuart rassemblées par l’Édit d’Union de 1707 et par la défaite du dernier prétendant Stuart à Culloden en 1746, les deux nations partagent depuis un destin commun mais si l’Angleterre est en position dominante, les Écossais n’en ont pas moins joué un rôle de premier plan à la Cour et au Parlement. L’auteur montre ainsi que la perte de souveraineté n’a pas mis en cause l’identité écossaise.

La Double impasse. Par Michèle Roberts, Calmann-Lévy, 280 pages, 18,60 €

Nous sommes en Angleterre en 1790. Jemina, jeune orpheline fraîchement émoulue d’un pensionnat va suivre à Paris son professeur, fervente féministe et admiratrice d’Olympe de Gouge. Ensemble, elles voudraient témoigner des conquêtes que la Révolution française accorderait aux femmes. Durant son séjour en France elle rencontre Annette, jeune royaliste, qui assiste avec effroi à l’effondrement de son monde. Emportées par la tourmente, elles se réfugient en Normandie pour cacher des grossesses illégitimes. L’une est enceinte d’un révolutionnaire français, l’autre d’un poète anglais.

À travers leurs amours, elles illustrent les futurs bouleversements de la condition féminine. Jemina, la féministe, défend l’amour libre, à l’inverse d’Annette qui préfigure les amours romantiques. Ces deux femmes seront déçues et trahies. Leurs amants ne justifient pas leur confiance. Le titre La Double impasse laisse songeur sur les intentions de l’auteur qui a imaginé des personnages masculins particulièrement méprisables. Sans être un roman à thèse, bien que de tonalité féministe, ce récit alertement écrit laisse voir à travers le destin de ces deux femmes blessées, que leur imaginaire, tout en étant différent, a fait d’elles des victimes, sans favoriser l’épanouissement de leur féminité. Peut-être existe-t-il d’autres chemins que les impasses du féminisme, l’auteur ne nous le dit pas, aux lectrices donc de l’imaginer.

Le Maître d’armes. Par Alexandre Dumas, Éditions des Syrtes, 271 pages, 15 €

En 1820, un maître d’armes français part faire fortune en Russie. Très vite, il y côtoie l’élite de l’aristocratie russe et devient le témoin des amours d’une jeune couturière française et d’un officier russe, impliqué dans un complot contre le tsar Paul Ier. Ce récit, inédit depuis un siècle, tient plus du carnet de voyage que du roman historique. Alexandre Dumas met ici tout son talent pour évoquer une Russie éternelle qui n’a jamais cessé de le fasciner.

La Princesse de Lumière. Par Jean-Michel Thibaux, Éditions Anne Carrière, 376 p., 19,80 €

Venise (1535) : Le doge Andrea Gritti soustrait plusieurs jeunes filles de la noblesse vénitienne à leurs familles afin de les former au métier d’espionnes. L’une d’entre elles, Cécilia, l’héroïne, est destinée au harem de Soliman le magnifique. Inspiré de faits réels, ce récit aurait pu être captivant si l’auteur avait su rendre son héroïne plus attachante. Pourtant, Jean-Michel Thibaux possède un réel talent de conteur.

Histoire du terrorisme. Par Dominique Venner, Pygmalion, 250 p., 20,30 €

Braquant son attention sur une dizaine d’exemples types, Dominique Venner couvre d’une plume alerte toute l’histoire du terrorisme moderne. Le terrorisme, dit-il, diffère des simples assassinats politiques. Il consiste en des actions concertées ayant pour but de contraindre un adversaire puissant à se soumettre, le poussant à la faute. À ses yeux personne n’est innocent. Son histoire sanglante commence en 1881 avec l’assassinat du tsar Alexandre II par les nihilistes russes, aussitôt imités par les anarchistes de la Belle Époque. Puis viendra l’attentat de Sarajevo (1914) orchestré par les services serbes contre les Habsbourg. Après 1918, tandis que se déploie la terreur bolchevique en Russie, commence la lutte farouche et couronnée de succès de l’IRA irlandaise (1919-1921), suivie de celle de l’Oustacha croate. Une extension énorme est provoquée par la résistance armée pendant la Seconde Guerre mondiale, orchestrée tant par Staline que par Churchill. Le recours au « partisan » (Carl Schmitt) se généralise après 1945 dans les guérillas de la décolonisation. Plus tard, dans la foulée de 1968 et sur fond d’antifascisme, viendra la sanglante équipée des Brigades rouges italiennes (7 866 attentats), de la FAR allemande ou d’Action Directe. Respectant la chronologie, Venner consacre sa dernière étude à décrypter les mystères du Moyen Orient, la révolte palestinienne, puis l’islamisme révolutionnaire né de la révolution khoméniste de 1979. À New York, le 11 septembre 2001, explose un « choc des civilisations » qui trouve son prolongement dans les banlieues de l’islam. Sur un sujet immense, une synthèse brillante.

Histoire de l’écriture. Sous la direction d’Anne-Marie Christin, Flammarion, 405 p., 75 €

Un travail sans équivalent, couvrant les origines et l’évolution de l’écriture en Chine, en Asie, au Proche-Orient, en Égypte, comme en Europe. Des sujets rarement abordés : la proto-écriture de la région danubienne, l’écriture ogamique, l’écriture runique, les écritures bouddhiques, le rôle de l’écriture dans la civilisation maya, etc. Trois grandes parties : Origines et réinventions. Alphabets et écritures dérivées. L’image dans l’écriture en Occident. Riche iconographie, citations d’auteurs, index. Indispensable.

Crédit photo : wcouch via Flickr (cc)

Boutique. Voir l’intégralité des numéros : cliquez ici

La Nouvelle Revue d'Histoire