La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

Dans son livre, Ferro se contente d’effleurer ce que le temps a recouvert, comme la nature de Jeanne ou la répression des mutineries de 1917.

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À oublier d’urgence… Les Tabous de l’histoire, de Marc Ferro

Source : La Nouvelle Revue d’Histoire n°3, novembre-décembre 2002. Pour retrouver ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique en cliquant ici.

Marc Ferro est un historien heureux : il n’a découvert les tabous de l’histoire qu’incidemment, au cours d’une émission sur Jeanne d’Arc où, placé entre l’archevêque de Rouen et Régine Pernoud, il a senti sa « bouche se glacer » et n’a pu prononcer un mot sur le sujet. Il avait retrouvé l’énigme du personnage : sa sexualité. Comment en parler ? La présence de l’archevêque, celle de l’historienne de la Sainte l’avait contraint au silence : il rencontrait le tabou !

Les Tabous de l’histoire. Par Marc Ferro

Les Tabous de l’histoire. Par Marc Ferro

Dans une autre émission, sur l’Occupation celle-là, comme un invité lui rappelait la collaboration anglo-normande, la façon dont Churchill avait traité le problème, décorant les notables au lieu de les épurer, cela avait créé l’incident avec un participant anglais qui subitement perdit l’usage du français. Pour calmer le jeu, Marc Ferro avait dit : « Oui, c’est connu ». Ce qui est connu va sans dire. Est-ce que ce ne serait pas une autre définition du tabou ?

Dans son livre, Ferro se contente d’effleurer ce que le temps a recouvert, comme la nature de Jeanne ou la répression des mutineries de 1917 : 554 condamnations et 54 exécutions. Il cite alors le confrère Pedroncini mais pas le général en chef magnanime. Celui-ci ne sera cité qu’à l’occasion des déportations de la Seconde Guerre mondiale.

En revanche, Ferro prend tout son temps pour ce qui lui paraît le tabou des tabous : l’exécution de la famille impériale russe. Alors l’imperturbable analyste peut s’ébrouer et mettre ses pas dans ceux des érudits de « L’Énigme du Temple ». Voilà ce que serait la dernière énigme d’un siècle dont on n’arrive pas à compter les millions de morts. Mais pas la moindre allusion à d’autres tabous qui ferment encore toutes les bouches.

À propos de

Les Tabous de l’histoire. Par Marc Ferro, Nil, 151 pages, 16,60 €

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