La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

L’Église primitive fut-elle la meurtrière de l’Empire romain, comme le pensait Gibbon ? Dumont ne s’attarde pas à cette thèse célèbre. Il argumente principalement contre le professeur Louis Rougier qui influença la Nouvelle Droite.

Eglise

L’Église au risque de l’histoire, de Jean Dumont

Source : La Nouvelle Revue d’Histoire n°3, novembre-décembre 2002. Pour retrouver ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique en cliquant ici.

Dans cet ouvrage, initialement publié en 1984, l’auteur entendait répondre aux critiques visant l’Église. Sa part principale se voulait une réfutation des attaques contre l’Inquisition, l’Espagne des rois catholiques et la colonisation espagnole de l’Amérique.

L’Église au risque de l’histoire, de Jean Dumont

L’Église au risque de l’histoire, de Jean Dumont

Mais ce qui attire aujourd’hui l’attention, c’est le premier chapitre. L’Église primitive fut-elle la meurtrière de l’Empire romain, comme le pensait Gibbon ? Dumont ne s’attarde pas à cette thèse célèbre. Il argumente principalement contre le professeur Louis Rougier qui influença la Nouvelle Droite. Cela n’aurait qu’un intérêt académique si le débat n’avait été relancé par l’ouvrage de Dominique Venner Histoire et Tradition des Européens (Le Rocher, 2002). S’appuyant sur une analyse serrée, Venner n’épouse ni la thèse de Gibbon ni celle de Rougier. Il ne croit pas que le christianisme fut la cause de l’effondrement du monde romain, tout au plus son symptôme. Il rejoint même en partie Jean Dumont quand celui-ci assure que le christianisme a épousé la tradition gréco-romaine qui l’avait précédé, via Aristote et Sénèque, devenant l’héritier de ce qu’il y avait de meilleur dans le paganisme.

Venner ne dit pas autre chose mais il le dit autrement et dans une autre perspective. Pour répondre aux périls mortels sur notre identité, il voit le salut dans le retour aux sources. Cette recherche le conduit très en amont du christianisme, jusqu’à Homère, reconnu comme l’expression primordiale de l’authentique tradition européenne. Venu plus tard, le christianisme fut un greffon étranger, dû à l’évolution du monde romain, ce que ne perçoit pas bien Dumont. Les deux auteurs se rejoignent pourtant sur bien des plans.

Ce qui les distingue, c’est l’interprétation de leur identité. Dumont se veut avant tout catholique. À l’inverse, Venner se veut prioritairement européen ou, pour mieux dire, « boréen », ce qui suppose à ses yeux la reconnaissance d’une tradition spécifique.

À propos de

L’Église au risque de l’histoire. Par Jean Dumont, Éditions de Paris, 590 pages, 30 €

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