La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

Dans notre ancienne sagesse, nous savions aussi qu’en dépit de toutes les exceptions, les femmes, à l’image de Vénus, s’accomplissent surtout dans l’affection et l’amour, alors que les mâles, à l’exemple de Mars, se réalisent plus volontiers dans la lutte et le conflit. De cette polarité des dispositions et des fonctions, comme disait Héraclite, naissent l’attrait mutuel, l’harmonie et la vie.

Éditorial et sommaire du n°30 (mai-juin 2007)

Éditorial et sommaire du n°30 (mai-juin 2007)

La guerre des sexes a déjà eu lieu

Cessez de nous bassiner avec ces abstractions, la femme ou l’homme. « La femme » n’existe pas. Elle n’est pas « un homme comme les autres ». Il y a des femmes. Et leur sort, leurs joies ou leurs peines changent du tout au tout selon l’époque, le lieu, la culture, l’âge et le niveau dans la société. Emma Bovary n’est pas la duchesse Sanseverina qui n’est pas Andromaque après la mort d’Hector, ni une jeune esclave noire sur le marché arabe de Zanzibar l’année de La Princesse de Clèves, ni encore une vieille paysanne chinoise (han) en 1368, année de la fondation des Ming.

Pourtant, si au sein du grand mystère de la vie, subsiste une constante absolue, c’est bien la division en deux sexes. Il en est ainsi pour la floraison du monde végétal et pour la reproduction du monde animal dont les hommes procèdent. C’est ce que dit la Théogonie d’Hésiode et que pose en principes Héraclite : « La Nature aime les contraires. C’est avec eux et non avec les semblables qu’elle produit l’harmonie. C’est ainsi par exemple qu’elle unit le mâle à la femelle, mais non chaque être à son semblable. » La polarité des deux sexes est la condition de l’harmonie et de la perpétuation de la vie. Son grand attrait aussi.

Il faudra les chambardements du siècle précédent pour qu’on écoute quelques toquées assurant péremptoirement, à la suite de Mme de Beauvoir, qu’on ne naît pas femme ou biche, mais qu’on le devient. Il est vrai qu’autour de Saint-Germain-des-Prés, les occasions étaient rares d’observer des biches et des cerfs en liberté. Des biches portant ramure, cela s’entend.

Spengler croyait à une « mystérieuse guerre originelle entre les sexes qui dure éternellement, silencieuse, acharnée, sans réconciliation ni grâce. » Il ne songeait pas aux féministes en guerre contre le malheureux « premier sexe » détrôné. Il ne pensait pas non plus à la guerre des femmes entre elles pour la possession du mâle le plus fort ou le plus prestigieux, ni à la concurrence des mâles pour s’emparer des femmes les plus belles. Spengler précisait : « La femme hait la politique de l’homme qu’elle ne comprend jamais, dont elle sait seulement qu’elle lui ravit ses fils… »

Voici qu’apparaît ainsi une dimension autre que celle de la guerre ou de l’attirance irrésistible des sexes dans la nature. La particularité des humains de toutes races est d’ajouter à ce qu’ils tiennent de la nature la part de leur culture qui transcende leur animalité. Autrement dit, ils sont ce que les font à la fois leur hérédité et leurs représentations. Concernant les relations entre les sexes, les différences sont en effet saisissantes d’une civilisation à l’autre. Traditionnellement, par exemple, l’Orient proche ou lointain, tout en respectant les mères âgées, méprise passablement la féminité. La Chine et l’Inde favorisent la naissance des enfants mâles, tandis que l’islam ne répugne pas à la brutalité, faisant lapider la femme adultère et fouetter l’indocile. « Quant à celles dont vous craignez la désobéissance, lit-on dans le Coran, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. » Voilà qui choque les Européens dont la tradition a toujours célébré et respecté la féminité dans la vie, la littérature et les arts. Au chant III de l’Iliade, quand la trop belle Hélène s’accuse d’avoir causé la guerre de Troie, le vieux roi Priam ne la fait point fustiger. Il lui dit avec une délicatesse infinie : « Non, mon enfant, tu n’es cause de rien. Ce sont les dieux qui sont cause de tout. »

Dans notre ancienne sagesse, nous savions aussi qu’en dépit de toutes les exceptions, les femmes, à l’image de Vénus, s’accomplissent surtout dans l’affection et l’amour, alors que les mâles, à l’exemple de Mars, se réalisent plus volontiers dans la lutte et le conflit. De cette polarité des dispositions et des fonctions, comme disait Héraclite, naissent l’attrait mutuel, l’harmonie et la vie.

Dominique Venner

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La guerre des sexes a déjà eu lieu. Par Dominique Venner

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