La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

"Tout est venu du cerveau féroce de Lénine. Staline ne fut que son imitateur." Un tableau éloquent de la pire monstruosité du XXe siècle.

Communisme et totalitarisme

Communisme et totalitarisme

Source : La Nouvelle Revue d’Histoire n°45, novembre-décembre 2009. Pour retrouver ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique en cliquant ici.

Vingt ans après la chute du mur de Berlin, douze ans après la publication du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois offre ici une synthèse inédite, que chacun pourra lire facilement.

À la mort de Staline, le 5 mars 1953, à Paris, le président de la Chambre des députés, Édouard Herriot, demanda à l’Assemblée de s’associer à «  la douleur du peuple soviétique » et d’observer une minute de silence. Seuls deux députés refusèrent de se lever. Deux ! Quelques années plus tôt, pour le 70e anniversaire du tyran, L’Humanité publia un poème, sous la plume d’un des plus célèbres poètes français du moment, Paul Eluard :

« Staline dissipe aujourd’hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d’amour… »

Le « cerveau d’amour » du despote le plus sanglant du siècle avec Mao, il fallait oser ! Mais une autre grande plume française, Louis Aragon, y allait aussi de son couplet, peu avant la mort du tyran, pour le remise d’un prix Staline : « Cette distinction porte le nom du plus grand philosophe de tous les temps. De celui dont le nom est le plus beau dans tous les pays qui luttent pour leur dignité : le nom du camarade Staline. »

Communisme et totalitarisme. Par Stéphane Courtois

Communisme et totalitarisme. Par Stéphane Courtois

Ces quelques morceaux fleuris, cités par Stéphane Courtois dans son nouveau livre, rappellent ce que fut l’état d’avilissement des milieux politiques et de l’intelligentsia française à l’égard du communisme. Ils font également mesurer à quel point les représentations ont basculé depuis lors. Ce formidable changement doit beaucoup aux événements eux-mêmes, à l’effondrement du communisme en Russie et à sa répudiation par le pape du moment, Boris Eltsine. Mais il doit aussi beaucoup au travail immense, opiniâtre et novateur entrepris par Stéphane Courtois à l’échelle européenne depuis la publication du Livre noir en 1997.

Dans son introduction à son nouveau livre, Courtois parle à juste titre d’une « révolution copernicienne » due à l’ouverture partielle des archives de l’Internationale et du parti-État soviétique, à partir de 1991. Sans doute savait-on déjà presque tout, grâce à d’innombrables témoignages, de Bajanov à Margarete Buber-Neumann et à Soljenitsyne, mais l’aveu des archives soviétiques a offert des preuves irréfutables de culpabilité. Telle est la nouveauté introduite par Courtois et ses collaborateurs.

Dans ce nouveau livre (inédit), par une série d’analyses rédigées d’une plume limpide, Courtois permet au lecteur non familiarisé, comme à l’historien chevronné, de découvrir ou de comprendre mieux la logique apparemment démente du système dans son horreur absolue : les millions de victimes russes de la première grande famine des années 1921-1922, sous Lénine, en pleine NEP, et les autres millions de paysans ukrainiens offerts en holocauste (1932-1933), tout cela en pleine paix. Sans parler des gigantesques purges internes qui ne frappaient pas seulement le parti, ce qui eut été moindre mal.

Courtois n’élude rien, ni le rôle pervers de Lénine, disciple fanatique de Netchaïev, ni celui de Trotski le sanglant, ni celui de Staline qui n’était pas fou, bien que d’une férocité pathologique. Courtois explique la logique interne de la terreur comme un système de gouvernement inéluctable pour imposer une utopie absurde contre quoi se rebellait la réalité.

Dominique Venner

À propos de

Communisme et totalitarisme. Par Stéphane Courtois, Perrin Tempus inédit, 530 p., 10 €

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