La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

L’exposition rassemble à ce sujet de nombreux uniformes, des armes et des insignes portés par la jeune armée bulgare, remarquable par son endurance au cours du conflit.

La Bulgarie, belligérant méconnu de la Grande Guerre

La Bulgarie, belligérant méconnu de la Grande Guerre

Source : La Nouvelle Revue d’Histoire n°46, janvier-février 2010. Pour retrouver ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique en cliquant ici.

Le musée de l’armée de Vienne revient sur le rôle d’« allié méconnu » que fut la Bulgarie durant la Première Guerre mondiale. Malgré le film Capitaine Conan, elle demeure aussi pour nous l’« ennemi inconnu ».

L’exposition, réalisée avec le musée d’ histoire militaire de Sofia, décrit l’engrenage qui a amené la Bulgarie à entrer en guerre. Orientée vers la Russie qui l’a libérée des Turcs, la Bulgarie est déçue par le soutien de Saint-Pétersbourg à la Serbie. Le gouvernement de Sofia se tourne alors vers Vienne et Berlin, capitales d’une Mitteleuropa à laquelle s’associe une partie des élites bulgares. Le tsar Ferdinand n’est-il pas un prince de Saxe-Cobourg né à Vienne ? La déflagration européenne est l’occasion pour la Bulgarie de récupérer les territoires perdus en 1913 au bénéfice de la Roumanie, de la Grèce et surtout de la Serbie.
Le 6 septembre 1915, la Bulgarie s’associe donc aux puissances centrales, leur offrant la possibilité stratégique d’écraser la Serbie. Au-delà, elle leur permet d’établir avec la Turquie des communications directes.

Les troupes bulgares entrent donc le 6 octobre en Macédoine et y font face aux troupes alliées qui, violant la neutralité grecque, ont débarqué la veille à Salonique. Le « front d’Orient » est ouvert. L’exposition rassemble à ce sujet de nombreux uniformes, des armes et des insignes portés par la jeune armée bulgare, remarquable par son endurance au cours du conflit.
Mais Falkenhayn retient les Bulgares, déjà prêts à marcher sur Salonique. Grave erreur ! Les Alliés s’y maintiendront trois ans, avant de lancer l’offensive décisive en 1918.

Menacés d’être tournés, ayant perdu 90 000 morts et 150 000 blessés, les Bulgares demanderont une suspension d’armes le 26 septembre. L’effondrement du front de Macédoine est le commencement de la fin pour les puissances centrales. En quelques jours, l’armée d’Orient va atteindre la Hongrie. Le 28 septembre, alors que les plénipotentiaires bulgares rencontrent Franchet d’Esperey, Hindenburg et Ludendorff tombent d’accord : le Reich doit demander un armistice.

Éric Mousson-Lestang

À propos de

Exposition : “La Bulgarie dans la Grande Guerre” au Musée d’histoire militaire de Vienne (Heeresgeschichtliches Museum) – Arsenal A-1030 Vienne (Autriche) – www.hgm.or.at. Jusqu’au 21 février 2010.

Boutique. Voir l’intégralité des numéros : cliquez ici

La Nouvelle Revue d'Histoire