La Nouvelle Revue d'Histoire : "L'histoire à l'endroit". Fondée en 2002 par Dominique Venner et dirigée par Philippe Conrad.

Archéologue, historien du monde antique, Guy Rachet a publié de nombreux ouvrages encyclopédiques tout en menant parallèlement une carrière de romancier historique. Il vient de publier "Les racines de notre Europe sont-elles chrétiennes et musulmanes ?" C’est notamment sur le contenu de ce livre que nous l’avons interrogé.

Guy Rachet, la transmission du savoir antique au Moyen Age

Guy Rachet, la transmission du savoir antique au Moyen Age

Source : La Nouvelle Revue d’Histoire n°55, juillet-août 2011. Pour retrouver ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique en cliquant ici.

Historien du monde antique, archéologue, et spécialiste notamment d’égyptologie, Guy Rachet a publié de nombreux ouvrages encyclopédiques tout en menant parallèlement une carrière de romancier historique. Auteur chez Larousse d’un Dictionnaire de la Civilisation grecque (1969/1992), il est également auteur chez le même éditeur d’un Dictionnaire de la civilisation égyptienne (1968/1998). Son Dictionnaire de l’Archéologie dans la collection Bouquins de Robert Laffont (1983/1994) fait référence. Il a publié récemment aux éditions du Rocher un ouvrage en deux volumes consacré à la Bible (2003/2009). Il est également bien connu d’un grand nombre de lecteurs pour son roman historique consacré à l’Egypte ancienne, Les vergers d’Osiris. Guy Rachet vient de publier Les racines de notre Europe sont-elles chrétiennes et musulmanes ? (Ed. Jean Picollec). C’est sur le contenu de ce livre que nous l’avons interrogé, après avoir évoqué ses études et son parcours.

La Nouvelle Revue d’Histoire : Comment est né votre intérêt pour l’histoire et l’archéologie. Vos parents ont-ils joué un rôle dans cet éveil ?

Guy Rachet : J’ai eu la chance de naître dans une famille relativement aisée. Mon père était un passionné de cinéma, propritaire des quatre cinémas de Narbonne. Mon enfance a été bercée par le cinéma et la littérature. Ma mère possédait une magnifique bibliothèque. J’y ai découvert entre autres les œuvres de Leconte de l’Isle qui m’ont fait rêver sur l’Orient et le monde « barbare antique ». Ma mère, qui était très libérale possédait aussi les œuvres de Pierre Louÿs. J’ai dû lire vers quatorze ans son Aphrodite, ainsi que Les Mémoires de Casanova qu’elle possédait dans une très belle édition.

NRH : Vous avez écrit de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire des religions, notamment deux volumes sur l’histoire de la Bible. Aviez-vous reçu une éducation religieuse ?

GR : Mon cas est assez original. Mon père était agnostique et de tradition laïque. Mes parents ne fréquentaient pas l’église, cependant, ils souhaitaient que nous allions, ma sœur et moi, à la messe tous les dimanches. En classe de sixième, je suis rentré au petit séminaire ce qui m’a permis d’apprendre le latin. Puis pendant la guerre, mes parents nous ont envoyé à Font-Romeu pour nous mettre à l’abri. Mon père qui avait des activités de Résistance souhaitait nous protéger.

NRH : Quel avait été l’engagement de votre père ?

GR : Comme je vous l’ai dit, mon père possédait des cinémas à Narbonne. Après l’occupation de la zone libre, il y avait sur place une garnison allemande. Les officiers fréquentaient le cinéma, ce qui permit à mon père de recueillir des renseignements qu’ils transmettaient aux FTP.

NRH : Vous avez donc baigné très jeune dans le milieu de la Résistance ?

GR : J’ai perdu mon père quand j’avais dix-huit ans. Après la guerre, il avait continué de recevoir beaucoup d’anciens résistants communistes. Je n’en ai pas conservé un bon souvenir. Je les trouvais arrogants et assez odieux. Je venais de lire le livre J’ai choisi la liberté de Kravchentko, ce qui avait éveillé mon anticommunisme. Il faut rappeler que l’on était alors en pleine guerre froide. Le climat passionnel était tendu également par la guerre d’Indochine. J’ai voulu m’engager pour l’Indochine. Mais comme j’étais mineur et que mon père venait de mourir, je devais demander l’autorisation de ma mère qui refusa. Je pus cependant m’engager dans les troupes coloniales.

C’est ainsi que je suis parti pour le Sénégal et la Mauritanie. Ayant une bonne formation secondaire, j’ai tout de suite été affecté à l’état-major de Saint-Louis où je m’occupais du secrétariat du 3e bureau puis du 2e bureau. C’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser à l’arabe hassania, qui est parlé en Mauritanie. Par la suite, avec l’accord de mes chefs militaires, j’ai pu suivre les cours du professeur Leriche venu en Mauritanie enseigner l’arabe hassania. Le professeur Leriche souhaitait que je fasse une thèse sur cette langue des Maures, lesquels s’appellent « beidanes », d’autant que j’avais commencé de préparer une grammaire. Mais cela ne s’est pas fait parce que simultanément j’avais commencé d’étudier l’égyptien ancien à partir de la grammaire de Champollion, ce qui m’intéressait beaucoup plus. Saint-Louis du Sénégal possédait une magnifique bibliothèque fondée par Faidherbe, où personne ne venait jamais. J’y ai passé des heures extraordinaires. Elle était d’une richesse incroyable notamment sur le monde grec qui commençait à me fasciner parallèlement à l’Egypte.

NRH : À la fin de votre engagement, vous rentrez en France. De quelle façon avez-vous poursuivi vos travaux intellectuels ?

GR : J’ai poursuivi mes travaux sur l’Antiquité et la Préhistoire. Alors que je venais de publier un livre sur la France préhistorique et gauloise, j’ai eu un entretien avec le professeur Nougier qui était le seul titulaire d’une chaire de Préhistoire à Toulouse. Il m’a proposé de préparer avec lui une thèse de doctorat de IIIe cycle. Je l’en ai remercié en lui demandant : « Mais à quoi cela me servira ? ». Il me répondit franchement : « Cela ne vous servira à rien. J’ai trois doctorants qui ont passé avec moi leur doctorat et qui n’ont aucune situation. »

De surcroît, j’avais compris que si je devenais docteur en Préhistoire, dans le système français hyperspécialisé, je n’aurais aucune légitimité universitaire pour travailler ensuite sur l’Égypte, comme j’en avais l’intention. Je considérais donc la spécialisation comme un handicap plutôt que comme un avantage. J’avais une soif de connaissance infinie. Je voulais lire systématiquement tous les textes grecs, tous les textes latins. Je m’intéressais aussi beaucoup au monde oriental, à l’Égypte en particulier. Puis par la suite, j’ai suivi les cours d’inscription grecque de Louis Robert ainsi que des cours d’égyptien avec Posener à l’École pratique des Hautes Etudes.

NRH : Nous allons en venir si vous le voulez bien à votre livre Les racines de notre Europe sont-elles chrétiennes et musulmanes ? J’ai cru comprendre que ce livre était né d’une exacerbation.

GR : C’était en octobre 2003. Le président de la République de l’époque, Jacques Chirac, avait déclaré que «  les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Cette affirmation m’a indigné. Tout ce que je savais de la civilisation européenne montre que ses origines ne se trouvent pas fondamentalement dans le christianisme et moins encore dans l’islam. Il me paraissait invraisemblable d’ignorer que les racines de notre civilisation se trouvent d’abord dans la Grèce antique. Le rôle ultérieur du christianisme est incontestable, mais concernant l’Islam, on ne voit vraiment pas ce qu’il venait faire dans ce tableau puisque ses relations avec l’Europe s’étaient presque toujours limitées depuis le VIIIe siècle à des conflits.

NRH : Mais d’où provient cette légende souvent reprise d’une influence musulmane sur l’Europe ?

GR : Cela remonte à loin. C’est Voltaire qui, dans le cadre de ses polémiques à l’encontre de l’Eglise, a magnifié le rôle imaginaire des savants musulmans au détriment de la transmission assurée par les clercs catholiques depuis le Haut Moyen Age. C’est pourtant, bien grâce à ces clercs que l’héritage grec nous a été transmis par l’intermédiaire souvent de traductions latines.

NRH : Dans votre ouvrage, vous insistez sur l’évolution importante du christianisme entre sa période primitive, la phase nazaréenne et ce qu’il est devenu après avoir été adopté comme religion officielle de l’Empire romain à la fin du IVe siècle. Comment cette évolution s’est-elle produite ?

GR : On ne tient pas suffisamment compte du fait que le christianisme a été profondément modifié par son installation en Europe. Il est alors devenu la religion du monde romain et c’est le monde romain qui l’a modelé. Les penseurs, les philosophes et les écrivains qui vont marquer tout le Moyen Âge sont des Romains comme Boèce.

Né vers 476 dans une famille noble, Boèce a connu une importante carrière politique et administrative sous Théodoric lorsque celui-ci entreprenait de reconstituer l’Empire romain d’Occident en établissant sa capitale à Ravenne. Accusé à tort de conspiration avec les Byzantins, Boèce fut emprisonné sur l’ordre de Théodoric avant d’être mis à mort en 524. Pendant son exil, il écrivit son œuvre majeure La Consolation de la philosophie, l’un des livres les plus influents au Moyen Age. Bien que Boèce ait été chrétien, sa pensée est surtout platonicienne et stoïcienne. Boèce est le dernier savant de langue latine à posséder une maîtrise parfaite de la langue grecque. Il avait une connaissance de première main de la philosophie grecque dont il a traduit de nombreux textes léguée à ses successeurs. Il a transmis au Moyen Age, bien avant que les musulmans arabes n’apparaissent dans l’histoire, quatre traités philosophiques consacrés à chacune des disciplines du quadrivium. Mais, surtout, il a traduit et commenté l’introduction que Porphyre a consacré à l’Organon d’Aristote que les Arabes ne connurent plus tard qu’à travers une cascade de traductions au IXe et Xe siècle. Boèce a traduit lui-même directement d’Aristote plusieurs traités qui constituent l’essentiel de l’Organon. Les écrits logiques de Boèce commenceront à exercer toute leur influence sous le règne de Charlemagne, à l’initiative d’Alcuin qui dirigea l’école Palatine d’Aix-la-Chapelle jusqu’à sa mort en 804. Ces textes enseigneront à de nombreuses générations la logique aristotélicienne au moins jusqu’au XIIe siècle.

J’ajoute que la partie poétique de La Consolation de la philosophie de Boèce a profondément influencé le monde des clercs. Or, toutes ces références sont empruntées à l’héritage grec, aux mythes d’Orphée, d’Eurydice ou d’Héraklés ou à des personnages homériques comme Ulysse, Agamemnon ou Circé.

NRH : Comment s’est fait l’ajustement entre la tradition venue de Grèce et de Rome et le christianisme qui venait d’Orient ?

GR : Au contact du monde romain, le christianisme a commencé très tôt à se paganiser et à s’éloigner du judaïsme originel. L’idée même du messie chrétien est influencée par la sotériologie grecque, c’est à dire la théologie du salut. Quant on fait naître ce sauveur d’une vierge, avec l’intervention de l’ange Gabriel et du Saint Esprit, on se trouve déjà dans une représentation mentale totalement grecque. Dionysos et Héraklès sont des dieux sauveurs qui naissent ainsi d’une vierge mortelle fécondée par Zeus, comme cela est si fréquent dans la mythologie grecque. Les principaux héros de l’Iliade sont souvent fils d’une divinité et d’un ou d’une mortelle. Cette parenté divine est totalement opposée au monothéisme originel et a profondément scandalisé les juifs de l’époque de Jésus.

Il faut rappeler que le christianisme primitif s’est développé dans un milieu profondément hellénisé. Cette hellénisation n’a fait que s’amplifier dès lors que le christianisme est devenu la religion de l’Empire romain. Plus tard les populations d’origine germanique constitutives des royaumes « barbares » dont les Francs de Clovis après les Ostrogoths de Théodoric, se sont ralliés très rapidement à la romanité et donc à son imprégnation hellénique. Contrairement à la « légende » relative à la fin de l’Empire romain, il n’y a jamais eu de rupture dans la transmission de la culture latine, elle-même héritière de la culture grecque. Dès le Haut Moyen Age occidental, l’Eglise, et c’est l’un de ses apports les plus positifs a conservé par l’intermédiaire du latin, devenu langue religieuse et politique, les traditions antiques dans tous les domaines de la pensée. Ce que l’on appelle la « barbarie » médiévale n’est qu’une invention des XVIIe et XVIIIe siècles. Invention reprise ultérieurement par les islamomanes qui veulent faire accroire contre toute évidence que l’Occident fut un élève plus ou moins médiocre des Arabes musulmans.

Dans l’Espagne wisigothique, un siècle avant l’invasion musulmane, Isidore de Séville (570-636) a écrit ses Etymologies, une encyclopédie dans laquelle il inclut non seulement les apports littéraires et philosophiques des anciens mais aussi de larges notions scientifiques. Et cette œuvre exercera une grande influence sur la culture latine médiévale. A la même époque, on continuait de lire les auteurs latins, à commencer par l’historien et polémiste ibérique Orose, auteur au Ve siècle d’une Histoire universelle. Dans son étude sur Averroès, le grand spécialiste Dominique Urvoy a mis en évidence la partialité des historiens qui prétendent que tout aurait commencé en Espagne avec l’arrivée des Arabes. Il note au contraire l’influence exercée par Orose et Isidore de Séville sur de futurs savants musulmans qui ont traduits ultérieurement leurs œuvres.

NRH : Dans votre livre, au début de la période carolingienne, vous attirez l’attention sur un savant comme Bède le Vénérable. Peut-on en citer d’autres dont l’influence ait été majeure ?

GR : Au IXe siècle, on pense naturellement à Jean Scot Erigène, un moine irlandais, qui a enseigné à l’Ecole Palatine de Charles le Chauve. Lui connaissait le grec. Il lisait directement les auteurs grecs contrairement aux Arabes qui ne connaissaient les Grecs qu’à travers des traductions réalisées par des chrétiens syriens, anciens sujets byzantins. C’est à travers Boèce que Scot Erigène procède à une analyse des Catégories d’Aristote. Son ouvrage De divisione naturae est la première grande œuvre philosophique du Moyen Âge bien avant que puisse intervenir une quelconque influence arabo-musulmane.

On peut noter que Jean Scot Erigène s’écarte d’ailleurs de l’interprétation de la théologique chrétienne pour reprendre le concept grec de la Nature non créé et créatrice. Nous sommes alors en pleine époque carolingienne qui apparaît déjà comme une première renaissance intellectuelle et artistique, par un retour à l’Antiquité. Et cette renaissance ne doit rien à l’islam.

NRH : De quelle façon, à l’époque carolingienne s’effectuait la transmission du savoir ?

GR : Avant la fondation des premières universités européennes au début du XIIIe siècle, la transmission s’effectuait au sein des monastères et des écoles cathédrales. Les premiers étaient naturellement réservés aux moines, alors que les secondes, établies autour des cathédrales, étaient ouvertes à tous. Dans ces écoles étaient formés les clercs, que nous appellerions aujourd’hui les intellectuels, et qui n’étaient pas nécessairement des religieux. Dès l’époque où Alcuin organisait les écoles palatines selon le souhait de Charlemagne, lui-même et les autres professeurs étaient nourris de lettres latines et de réminiscences grecques.

Alcuin avait pris pour surnom Flaccus (Horace) en référence au célèbre poète romain qui fut un chantre de l’épicurisme. Au cours du IXe siècle, l’un des premiers humanistes, Servat Loup, abbé de Ferrières en 840, se montre grand admirateur de Cicéron dont il avait découvert l’œuvre en Germanie à l’abbaye de Fulda.

Au siècle suivant, Gerbert d’Aurillac, qui deviendra pape sous le nom de Sylvestre II, avait tout d’abord enseigné à la cathédrale de Reims dont il fut évêque entre 991 et 998. Son disciple, le célèbre Richer, moine de Saint-Remi de Reims, nous apprend que son maître puisait son savoir dans la lecture de Boèce et de Cicéron. Tout se tient.

NRH : Dans votre livre, parlant d’une époque ultérieure, le XIIe siècle, vous dites qu’il s’est agi d’une véritable floraison littéraire et intellectuelle inspiré des auteurs antiques y compris les auteurs de pièces de théâtres comme Plaute ou Terence qui n’ont rien d’édifiants au sens chrétien du mot. Comment expliquez-vous que l’Eglise ait toléré cette immense liberté intellectuelle y compris dans les monastères ?

GR : L’une des raisons tient au fait que beaucoup de clercs et à plus fortes raisons les troubadours ou leurs équivalents allemands, les minnesingers étaient protégés par la plus haute aristocratie. Les reines ou les princesses telles Aliénor d’Aquitaine, Marie de Champagne, Ermengarde de Narbonne ont joué un rôle considérable. L’autre raison, est qu’à l’époque l’Église ne possédait pas l’organisation théologique et disciplinaire qui sera la sienne ultérieurement. Nous sommes dans un monde qui n’est pas unifié. Ce qui est proscrit à Paris, ne le sera pas à Toulouse ou à Naples. L’Eglise ne fait pas trembler les grands et n’a pas étendu son empire unificateur comme elle le fera à partir de la Contre Réforme. Il n’y a pas encore de dogmatisme théologique et philosophique. À l’intérieur de l’Église, la discussion reste en partie ouverte. La pensée chrétienne n’est pas figée. C’est ainsi que l’on verra ultérieurement des papes humanistes aux XVe et XVIe siècle, de Pie II jusqu’à Jules II, favoriser dans tous les domaines un retour explicite à l’Antiquité, aussi bien dans la pensée que dans les arts. Durant cette époque que nous appelons la Renaissance italienne, les papes favorisent des fouilles archéologiques qui permettent de retrouver des vestiges essentiels de la sculpture grecque et de l’architecture romaine.

On ne peut négliger non plus l’influence considérable de Byzance. Bien avant la prise de Constantinople en 1453, devant les menaces d’une conquête turque, de nombreux lettrés byzantins se sont réfugiés en Italie, apportant avec eux les textes grecs qui permettront un retour à l’original et un intense renouveau de la pensée occidentale. On ne peut négliger non plus l’influence décisive qu’a exercé l’architecture romaine et byzantine sur tout le Moyen Âge et jusqu’à la Renaissance. L’art roman aussi bien que les créations tellement novatrices de l’art gothique ont hérité de cette influence. La basilique Saint-Pierre de Rome, construite à l’initiative de Jules II, avec ses colonnades et sa coupole, est directement d’inspiration romaine et gréco-byzantine.

NRH : Dans votre livre, vous évoquez certains textes grecs traduits en arabe et qui auraient été transmis en Occident par l’intermédiaire de l’Espagne musulmane. Le rôle de ces lettrés musulmans s’est-il limité à une transmission ou bien ont-ils été les créateurs d’une nouvelle science ou d’une nouvelle philosophie ?

GR : Ils ont transmis un savoir, certes. Mais il s’agissait d’un savoir grec et nullement d’un savoir arabe ou musulman. Ils ont été de simples vecteurs. C’est pourquoi, évoquer les racines musulmanes de l’Europe est une absurdité car ce qu’ils ont transmis était grec et nullement arabe.

Propos recueillis par Pauline Lecomte

Crédit photo : DR

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